Nombril

En cette belle journée, j’ai une proposition audacieuse à vous faire :

Et si on se regardait un peu moins le nombril ?

Je m’explique ci-après, attendez un peu…

Ne pourrait-on pas et, même, ne devrait-on pas, se poser un peu moins de questions pour se sentir mieux ?

Le questionnement semble incessant lorsque l’on y pense un peu :

  • Ai-je assez dormi, mangé suffisamment de légumes, fais le nombre de pas requis dans la journée, bu trop de café ?
  • Aurais-je du éviter les frites à la cantine ce midi ? Ne pas boire un coca hier après-midi ?
  • Suis-je trop stressée, occupée, préoccupée, sollicitée, consultée ?
  • Je pense assez à moi ? Dois-je me ménager plus ?
  • Ai-je grossi, maigri, les yeux cernés, le teint blafard, les ongles cassants, les cheveux moins soyeux ?
  • Ai-je pris trop le soleil, pas assez, besoin de compléments alimentaires, de vitamines ?
  • Ma tension est-elle trop haute, trop basse, suis-je essoufflée au moindre effort ?
  • Ai-je passé trop de temps devant mon ordinateur la semaine dernière ?
  • Ma position est-elle la bonne lorsque je suis assise à mon bureau ?
  • Faut-il éviter les talons trop hauts, les chaussures trop plates, les jeans trop serrés ?
  • etc.

Je ne sais pas si je suis la seule à en faire le constat mais, plus je regarde mon nombril, moins je me sens bien…

Non pas que la pauvre petite béance soit moche ; elle s’en sort même plutôt pas mal par rapport à d’autres nettement plus protubérantes ou boursoufflées.

C’est simplement qu’à force de suivre les tendances « il faut s’écouter / prendre du temps pour soi / savoir être égoïste pour mieux donner », j’ai parfois l’impression de me découvrir de nouveaux problèmes, de nouveaux maux, de nouvelles raisons de ne pas être pleinement satisfaite / épanouie.

A trop se chercher des poux dans la tête, ne finit-on pas par en trouver ?

En ce jour, c’est décidé, je vais changer de cible : objectif Lou Ravi, c’est-à-dire consacrer moins de temps à me demander « Suis-je vraiment heureuse ? » pour savourer plus intensément les instants où je le suis pleinement….

De la tolérance

Aujourd’hui, j’ai décidé de me la jouer un peu… C’est parti !

J’ai lu le « Traité sur la tolérance » de Voltaire.

Pourquoi ?

Parce qu’on en parle beaucoup depuis quelques mois.

Aussi parce que j’avais un peu honte de ne l’avoir encore jamais fait à mon âge canonique.

Parce que, comme beaucoup, je me suis dit que l’on en manquait probablement tous un peu en cette époque agitée. Il est question certes de Charlie, du 13 novembre 2015 ou encore du 22 mars à Bruxelles, mais aussi de ces hôtels « sans moins de 16 ans » qui pullulent, du Porcellian Club de Harvard dont les males se complaisent entre eux sous prétexte de protéger les faibles femmes, de ces lotissements réservées aux personnes âgées, etc…

Enfin, pour m’assurer que, comme dans mes souvenirs estudiantins, les anciens étaient toujours emprunts d’une sagesse qui ne serait pas désuète en notre XIème siècle.

Alors, je vous soumets ces quelques extraits, juste pour voir si, vous aussi, cela vous titille :

« Mais quoi ! sera-t-il permis à chaque citoyen de ne croire que sa raison, et de penser ce que cette raison éclairée ou trompée lui dictera ? Il le faut bien, pourvu qu’il ne trouble point l’ordre : car il ne dépend pas de l’homme de croire ou de ne pas croire, mais il dépend de lui de respecter les usages de sa patrie […] » ;

« Il en est de la religion comme de l’amour : le commandement n’y peut rien, la contrainte encore moins ; rien de plus indépendant que d’aimer et de croire (Amelot de La Houssaie, sur les Lettres du Cardinal d’Ossat) ».

« Si vous voulez qu’ici on tolère votre doctrine, commencez par n’être ni intolérants ni intolérables ».

« Mais de toutes les superstitions, la plus dangereuse, n’est-ce pas celle de haïr son prochain pour ses opinions ? »

« Moins de dogmes, moins de disputes ; et moins de disputes, moins de malheurs : si cela n’est pas vrai, j’ai tort ».

 

 

Petite Princesse

 

Petite Princesse est jolie.

Elle a de beaux cheveux longs, souples et soyeux.

Elle a les traits fins et la silhouette élancée.

Les ongles bien manucurés.

Petite Princesse est soignée.

Elle est toujours bien coiffée.

Elle est tirée à quatre épingles.

A la pointe de la mode.

Petite Princesse aime les belles choses.

Les belles voitures.

Les beaux habits.

Les beaux accessoires.

MAIS….

Petite Princesse est une princesse.

Elle s’entoure de courtisans et écarte les esprits libres.

Elle ne tolère la moindre remarque.

Elle veut toujours avoir raison.

Petite Princesse est capricieuse.

Elle ne supporte pas la contradiction.

Elle hausse le ton et boude dès qu’elle n’est pas satisfaite.

Elle dispense ses ordres et attend d’être servie.

LE PROBLEME ETANT QUE….

Petite Princesse est une adulte.

Une vraie, la trentaine bien tassée.

Une vraie, avec une famille, un travail, des impôts à payer.

Une vraie, avec des responsabilités et un pouvoir de nuisance.

Petite Princesse est directrice d’école.

 

Madeleines podales

Je viens de faire un saut rapide dans un centre commercial près de mon boulot (pendant ma pause déjeuner, je le précise pour les esprits suspicieux !), et je ne me suis pas encore remise de ma découverte :

Non je ne suis pas la seule à souffrir du « syndrome des madeleines », qui me pousse à acheter des Kickers à mes enfants, des Levi’s à mon mari, ou des chaussettes Achile pour toute la famille !!!!
Les faiseurs de tendance sont aussi touchés !
Décidément, tout le monde bouffe de la madeleine !

La preuve ? Lisez la suite ….
En fille pointue, toujours à la recherche de l’article dernier cri, j’ai fait ma petite escapade pour acquérir une paire de …. Converses.
Oui, j’imagine ce que vous pensez : « Tu parles d’une fille à la pointe, elle achète des pompes qu’elle portait déjà quand elle avait 14 ans ! … ». Oui, ben, il n’empêche que là où je suis pile dans la tendance (regardez les pieds des jeunes donzelles que vous croiserez ces prochains jours) c’est que, pour la toute première fois dans la longue carrière de « conversophile », j’ai acheté une paire de Converses basses et, ça, c’est vraiment le détail qui tue en ce printemps !
Enfin, peu importe, la question n’est pas là… les Converses n’ont jamais quitté les rayons des magasins de chaussures, donc le scoop du jour c’est plutôt que lesdites Converses n’étaient pas les seules « vieilles » en rayon !
Elles côtoyaient tout un tas des chaussures de ma jeunesses et notamment les fameuses Bensimon.
Vous savez, ces chaussures qui ont la semelle tellement fine que vous avez l’impression d’être pieds nus sur le macadam et qui, par les jours de forte chaleur, vous font regretter de ne pas avoir opté pour des sandales bien aérées, lorsque vient le moment de les ôter et d’humer une odeur bien fraîche et suave !
Les Bensimon ont opéré un retour en grâce il y a quelques années déjà, alors le vrai choc du jour je l’ai eu voyant les …. NO NAME !!
Vous vous souvenez, ces chaussures en toile compensées qu’on voulait toutes au collège et que nos parents trouvaient hideuses ? Et bien, les revoilà ! Toute une étagère rien que pour elles !

Alors, quoi ?

On avait décidément super bon goût à notre époque (honnêtement, en revoyant ces dernières, je ne m’y risquerais pas…) et les jeunes d’aujourd’hui sont obligés de s’incliner en adoptant nos anciens basiques ?

Ou alors la jeune garde des créateurs et chasseurs de tendance manque cruellement d’imagination ?

A vous de voir…

Pour conclure ce billet par une touche d’honnêteté, je me dois d’avouer que, collégienne, lorsque j’avais demandé à mon père de bien vouloir consentir à m’acheter ma toute première paire de Converses (montantes …), il m’avait répondu qu’à son époque les enfants détestaient en porter parce qu’elles n’étaient pas confortables…
De là à dire que ma génération n’a pas non plus était très inventive…

Petite abeille

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C’est l’histoire d’une petite abeille frétillante qui voletait de façon incessante de « fleurs de travail » en « fleurs de maison » sans jamais, jamais, jamais se poser !

Même pas un tout petit instant pour s’octroyer une pause qui aurait été somme toute bien méritée.

Même la nuit elle ne se reposait jamais tout à fait : ses ailes frémissaient alors que sa petite tête d’insecte pensait déjà à la longue liste de fleurs à butiner du lendemain…

Et que croyez-vous qu’il arriva à ce charmant petit insecte ?

Vlan ! Du jour au lendemain, elle tomba malade et dû garder le lit (l’alvéole, pardon) pendant plusieurs jours, incapable de voleter ne serait-ce que quelques secondes.

Clouée à la ruche, séchée, amorphe, comme assommée et engourdie par un coup sournois de tapette à moustiques !

Et ensuite ?

Petite abeille peinait à se reposer. Certes, ses ailes ne pouvaient plus la porter, mais sa tête continuait à gamberger …. Même écrasée de fatigue, petite abeille ne pouvait s’empêcher de ruminer « Je m’ennuie, je m’ennuie, je m’ennuie ! ».

Au troisième jour d’alitement, son état ne s’améliorait pas. Elle fit venir à son chevet le bourdon soigneur qu’il lui expliqua : « Sans vrai repos, aucune guérison possible ».

Petite abeille dû se résoudre à admettre que pour pouvoir reprendre au plus vite ses activités il lui fallait accepter son état. Elle devait vraiment se reposer.

Mais le penser est une chose, arriver à le faire une toute autre.

Alors, petite abeille essaya de rassembler le peu de forces qui lui restait pour se jeter contre les parois de la ruche et s’assommer pour, enfin, dormir à poings fermés.

Ce fût un échec, elle ne récolta que quelques bosses ….

Petite abeille se dit alors qu’il n’y avait qu’une solution : soigner le mal par le mal.

Elle n’arrivait même à lâcher prise pour se reposer lorsqu’elle était souffrante ? Il fallait se forcer un peu et réapprendre à s’amuser….à vivre.

Ainsi, le soir venu, petite abeille convoqua quelques amies et déboucha une bonne bouteille… Elle était malade et ne butinait plus beaucoup d’alcool… Alors, elle s’écroula bien vite …

… Mais la tête dans les nuages et le cœur comblé ….

La morale de cette histoire ?

Aux boudins qui sommeillent en nous ….

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Nous avons toutes un boudin qui sommeille en nous ….

Un complexe physique qui nous suit comme un boulet…

Une blessure d’amour propre…

Un sournois sentiment d’imposture…

Alors, lisez ce livre qui donne envie d’aller de l’avant en gardant le sourire, de renvoyer les lourdauds dans leurs buts, d’enfourcher un vieux vélo rouillé !

Il parait que le public cible est « les adolescentes ». Je ne me suis pas offusquée lorsque la vendeuse de Decitre a demandé si c’était pour moi…

Je suis jeune dans ma tête, moi, Madame!

Et puis, nous avons toute, à côté du boudin, une jeune fille en fleur cachée au fond de nous!

 

Admettez le : vous aussi, vous êtes top !

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A offrir aux misogynes qui s’ignorent… ou qui assument.

A offrir aux hommes qui ont de l’humour (si, si, ça existe!).

A offrir à celles qui, parfois, se sentent seules…

A lire pour se sentir comprise…

A lire pour pouvoir se dire : « ouf, j’en ai connues quelques unes de ces situations, mais heureusement pas toutes ! »

Rien de bien nouveau sous le soleil, mais l’idée d’une BD « condensant » toutes les humiliations, vexations, entraves que l’on peut connaître en tant que femme dans le milieu professionnel (et privé) est sympa !

Bonne lecture

Quelqu’un de bien?

Pour vous « quelqu’un de bien », c’est …. ?

 

  • Une personne qui ne ment jamais (ndla : IMPOSSIBLE ! Ne serait-ce que parce qu’on ne peut, par exemple, décemment pas dire à son mari que « oui c’est bien moi qui ai rayé la portière de la nouvelle voiture à l’occasion d’un créneau mal maîtrisé »…) ?
  • Du coup et plus simplement, une personne qui dit la vérité aussi souvent que possible (ndla : doit-on et peut-on avouer à un enfant que l’on a jeté, à l’occasion d’un déménagement, sa collection d’étiquettes de VQR *…) ?
  • Un être (rare) qui prend de vos nouvelles même lorsqu’il n’a rien à attendre de vous (« Coucou ! ça va ? Ah, au fait, tu pourrais …. »)
  • Quelqu’un qui reçoit (et y répond !) vos mails même lorsque, pour une fois, c’est vous qui avez un service à demander ?
  • Une personne qui pense ce qu’elle dit (« J’adorerais pouvoir t’aider, tu le sais, mais… ») ?
  • Qui fait ce qu’elle dit (« Je déteste les hypocrites, moi si j’ai quelque chose à dire, je le dis en face ! »…) ?
  • Un être courtois et poli (espèce en voie d’extinction) qui vous tient la porte, retient l’ascenseur pour vous permettre d’y monter, cède sa place à une femme enceinte dans les transports en commun, répond à vos salutations, … ?
  • Une personne qui ne s’énerve jamais sans raison et qui ne vous reproche jamais des faits auxquels vous être étrangers ?
  • Qui ne sèche pas ses larmes liées à votre départ aussitôt que votre voiture a franchi le premier virage ?
  • Quelqu’un qui se fiche de savoir si vous avez pris ou perdus quelques kilogrammes et qui, intéressé uniquement par votre propos et votre compagnie, ne remarque même pas que vous avez quelques boutons disgracieux, ni que vous êtes habillés comme un sac ?
  • Une personne capable de dire « merci » lorsque c’est mérité ?

Alors, « quelqu’un de bien », c’est quoi pour vous ? Et, accessoirement, vous en connaissez beaucoup ?

 

VQR : Vache Qui Rit, pour ceux qui ne côtoient pas régulièrement des moins de douze ans…

Dans l’attente?

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Une fois n’est pas coutume, mon billet du jour sera sérieux….

Depuis le 13 novembre 2015, un nouveau mot d’ordre a déferlé sur la France : porter son courage en étendard et proclamer haut et fort qu’ils n’auront pas notre liberté et que nous ne changerons absolument rien à notre façon de vivre.

Il faut « vivre comme avant ».

Têtus et déterminés, nombre de Français continuent ainsi à squatter les terrasses des cafés, à courir les musées, les expositions, les salles de spectacles, à trainer dans les allées des centres commerciaux le week-end, ….

Une partie d’une nation qui se rebelle ainsi, dans un élan de vie et de liberté, c’est…beau et ….courageux.

Et tellement culpabilisant pour ceux qui n’y arrivent pas tout à fait …

J’admets ne pas être aussi courageuse que la grande majorité de mes compatriotes.

Je me sens dans un état bizarre.

On nous rabâche tellement les oreilles avec ce qui ne manquera pas d’arriver à nouveau (« attentats à l’échelle européenne », « la société civile est visée », « attentats de masse et multi-sites », « commandos de djihadistes sur le territoire européen », …) et les moyens de prévention (Dérisoires ? Comment ne pas se poser la question ?) déployés (état d’urgence, exercices de confinement, dépliants et vidéos « Comment réagir en cas d’attaque terroriste ? », ….) que, cela me coûte de l’écrire, mais j’ai bien le sentiment d’être dans une position d’attente. Attente de l’horrible « prochaine fois » : Où ? Quand ? Comment ? Quelle sera l’ampleur du drame ?

Cela signifie t’il dire qu’ils auraient gagné, me concernant ?

« Oui, hélas ! » répliqueront sans hésiter ceux qui s’emploient avec une énergie folle à « vivre comme avant », à faire comme si rien n’avait changé. Mais, tout au fond d’eux, ne ressentent-ils pas, eux aussi, ce désagréable sentiment ? Existent-ils vraiment ceux qui arrivent à faire fi du passé, aussi terrible soit-il, et à ne regarder que vers l’avenir, le cœur confiant et l’esprit totalement serein ?

Si j’ai l’honnêteté d’admettre que non, moi, je n’ai plus l’esprit totalement serein, dans les faits, je continue néanmoins moi aussi à « vivre comme avant ».

Nous continuons tous à travailler, à déposer nos enfants à l’école, à vouloir courir les parcs dès que le soleil pointe, à remplir notre réfrigérateur, à chercher un cadeau pour un anniversaire en foulant le pavé, à envisager de manifester contre un projet de loi, à fêter le carnaval à Nice, à Dunkerque ou à Venise, à prendre le train pour un rendez-vous professionnel à Paris ou Marseille, …

Alors, pitié, ne prenez pas de haut ceux qui ont régulièrement des petits pincements au cœur dans leur vie « comme avant ».