Ne pas manger à la cantine !!!

plateau cantine

C’est bien connu, nous réglons tous (quoiqu’on en dise parfois non sans mauvais foi) quelques comptes non soldés de notre enfance dans les choix et décisions que nous prenons pour nos enfants.

Ainsi, si je conduis honnêtement un examen de conscience approfondi (torture que je pratique allègrement…) pourquoi pensez-vous que je m’obstine à tourner mon emploi du temps dans tous les sens pour arriver, aussi souvent que possible, à faire sauter la case cantine à mes enfants ?

Pourquoi, lorsque je ne peux le faire régulièrement, je tanne mon mari jusqu’à l’usure pour qu’il s’éclipse du boulot pendant deux heures, traverse deux fois (aller-retour) la ville pour faire manger au pas de course nos deux garçons à la maison ?

Oh, j’ai tout un tas de bonnes raisons, dont je lui rebats les oreilles : ils mangeront au chaud, il y a tellement d’agitation que cette pause leur faire du bien, il doit pleuvoir ce matin tu pourras vérifier qu’ils ne sont pas trempés et si besoin les changer, le steak haché périme aujourd’hui, au moins on sera sûrs qu’ils auront bien déjeuné, etc

Mais la vraie raison, la vraie de vraie, qu’elle est-elle ?

Je vais vous le dire (ndla : non, pas d’inquiétude, Nicolas Sarkozy ne vient pas de prendre possession de mon corps).

Parce que lorsque j’étais enfant : JE DESTESTAIS LA CANTINE !!!

Et j’avais tout un autre tas de bonnes raisons à cela :

  • On nous servait régulièrement de la langue de bœuf et nous étions obligé de finir notre assiette (vous imaginez : de la LANGUE DE BŒUF !!! Ils n’étaient pas tarés ?) ;
  • Les haricots verts étaient plein de fils qui donnaient des hauts le cœur ;
  • Les jours de bonheur (= frites à l’huile), les plus grands piquaient dans nos assiettes en nous menaçant de leurs fourchettes pointues ;
  • Lorsqu’on faisait tomber un couvert ou, pire encore, un verre qui volait en éclats bruyants, toute la cantine tournait les yeux vers nous comme un seul homme et nous applaudissait en hurlant de joie (la honte, l’horreur, où est le trou pour que je me cache ? …) ;
  • Des idiots mettaient du sel dans les pichets d’eau, quand ils n’y avaient pas craché (seul échappatoire : ne pas boire à table et aller aux lavabos des toilettes – bonjour l’hygiène et le romantisme – pour se désaltérer ensuite) ;
  • Le pain qui n’était pas fini et restait sur les plateaux, était remis dans la boîte en fer pour les suivants… (je vous laisse imaginer les surprises que l’on pouvait alors avoir : glaires et compagnie…) ;
  • Même les pâtes étaient trop cuites et gorgées d’eau…
  • On pouvait attendre des heures, en fonction du roulement, pour enfin passer à table, alors que notre estomac criait famine depuis un moment déjà ;
  • Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, avant et après la cantine, c’était la jungle de la cour de récréation ;
  • Etc….

Alors, je reconnais que je regardais avec beaucoup d’envie les externes, brandir leurs carnets de correspondance providentiels à midi et franchir les grilles de l’école et du collège, avant de s’engouffrer dans la belle voiture de maman.

Ils revenaient en début d’après-midi, rassasiés, toujours propres et détendus, avec cet air suffisant de ceux qui sont conscients d’avoir du bol, qui ont la peau du ventre bien tendue, des chaussettes sèches et qui ne portent dans leur cartable que les cahiers de l’après-midi.

Des têtes à claques, oui, je les aurais bien baffés !

Alors, vous me direz, les choses ont sans doute changé POSITIVEMENT depuis cette lointaine époque où j’allais au collège….

Mais, en êtes-vous vraiment assurés ?

 

 

Mystères et beauté de la jeunesse

interrogative

J’essaie de me creuser les méninges, de fouiller dans les tréfonds de ma mémoire, mais impossible de m’en souvenir (ndla : C’est si loin, pensez-vous ! J’ai passé le cap des 35 ans depuis quelques temps déjà !…) : comment étais-je lorsque j’étais …. jeune ?

Etais-je capable des mêmes exploits que ces êtres curieux que j’entrevois parfois, de la fenêtre de mon bureau, dans la cour de leur lycée ?

Je m’explique :

  • Etais-je, moi aussi, dotée d’un système de régulation thermique hors du commun, me permettant d’évoluer d’un groupe de copains à l’autre en simple T-Shirt au mois de janvier à Lyon ?
  • Dans la même idée, étais-je capable de rester discuter, assise, sous la pluie, de longues minutes durant, en ayant l’air totalement imperméable (mot on ne peut plus à propos …) aux manifestations climatiques ?
  • Je me donnais, moi aussi, en spectacle, en pleine rue, en lançant des cris de vierge effarouchée lorsque le gars que j’aimais bien faisait mine de me prendre dans ses bras et de m’embrasser, ou en partant d’un rire tonitruant parce que le gros ballot de la classe venait de s’effondrer, quelques pas devant, sous mes yeux ? Etais-je capable, moi aussi, de chercher à tout prix (quitte à frôler le ridicule) à attirer l’attention sur moi ?
  • En cette époque lointaine, ai-je demandé à mes parents de se ranger sur le bas de côté et de me laisser à trois rues du lycée pour que personne ne m’aperçoive dans une voiture insuffisamment « classe » à mes yeux et, pire encore, avec EUX ?
  • Etais-je capable de gober un sandwich « poulet/frites/mayo » arrosé de coca (ndla : même pas du light !) en moins de cinq minutes, sans penser ni à ma ligne ni aux tracas futurs de mon estomac pendant la digestion ?
  • Etais-je capable de courir après un tramway, clope au bec, sans paraître essoufflée ni le moins du monde fatiguée ?

Oui, je sais ce que vous vous dites : n’y aurait-il pas un peu d’aigreur derrière toutes ces questions quelque peu orientées ?

Allez, je le concède….

Qu’il est agréable à contempler le tableau de la vraie jeunesse, mais qu’il est parfois difficile de ne plus y trouver sa place !

Longue vie à tous !