Leola

Nous sommes tous un peu semblables sur certains points : nous regardons avec envie la voiture la plus clinquante, nous rêvons du diamant le plus pur pour orner notre bague de fiançailles, nous choisissons la tomate la plus rouge et la plus ronde, nous laissons aller notre regard vers les filles les plus voluptueuses, les garçons les mieux « carrossés », …

Et pourtant… Pourtant, parfois, dans de toutes petites choses, de toutes petites personnes, si discrètes que l’on aurait pu passer à côté sans même les voir, nous avons la chance presque miraculeuse de découvrir des trésors…

D’un corps menu, presque frêle, on ne s’attend pas à entendre s’échapper une voix de rockeuse, de meneuse d’un groupe d’hommes. D’une bouche laissant filer une voix douce (quand elle parle, parce que quand elle chante… voir plus haut), on peut être surpris – la première fois – d’écouter des propos passionnants, des analyses pertinentes, des paroles pleine de sagesse. Enfin, en journée tout au moins. Parce que, vers minuit, si l’on peut rester tout aussi surpris, ce n’est plus pour les mêmes raisons : le petit être un peu trop vite catalogué « fragile – à manipuler avec précaution » peut se révéler être une super star de la nuit, aussi adroit pour onduler sur la piste de dance que pour lever le coude au bar ou lancer des œillades sans conséquence à un public masculin sous le charme.

La petite personne sur laquelle on a cru, peut-être, devoir veiller, peut ainsi se révéler une fêtarde invétérée, certes, mais aussi surtout une mine de conseils avisés, un puits de sages paroles, une confidente hors pair.

C’est tellement rare qu’il est éminemment précieux de croiser le chemin d’une telle personne.

Alors, dans de cruels moments de lucidité, on se demande parfois : comment est-il diablement possible qu’un être aussi joli, aussi gentil, aussi bon et intéressant n’est fait que traverser ma vie ? Comment ai-je pu ne pas trouver cinq pauvres petites minutes, de temps à autres, pour faire vivre ce lien ?

Et puis, des années plus tard, au hasard d’un mail ou de la réalisation d’un projet personnel qui vous tient à cœur, cet être précieux vous refait signe. Parce que cette petite personne a encore une autre qualité dont peu peuvent se prévaloir : elle n’est pas obtuse. Ni rancunière. Elle vous prend comme vous êtes et fait de même avec la vie. Elle n’est pas de ceux qui gâcheraient des retrouvailles d’un cinglant « Tu aurais quand même pu donner des nouvelles », en oubliant qu’eux-mêmes ne se sont pas manifestés. Non, elle profite de l’instant présent. Et vous donne envie d’en faire tout autant.

Leola est, en quelque sorte, « le nom de scène » de l’une de ces personnes remarquables (parce qu’entières, vraies et honnêtes) que j’ai eu la chance de croiser.

Elle se reconnaîtra, à n’en pas douter.

Ce petit article, donc, pour lui écrire qu’elle est quand même une sacrée super nana !

Allez, je vous laisse, vous avez sans doute – si vous êtes chanceux vous auss

21 juillet 2014

Ce jour, l’aîné de mes enfants fête ses sept ans.

Ce jour, je reprends le travail après quinze tous petits jours de vacances.

Ce jour, il pleut (pour changer…) des cordes sur la région lyonnaise.

Ce jour, ma boîte mail pro semble me narguer en annonçant triomphalement 265 messages non lus.

Ce jour, il me semble ne croiser que des blafards n’étant pas encore partis en congés et qui ont bien du mal à dissimuler leur jubilation vengeresse derrière leurs interrogations convenues : « Déjà de retour ? Pas trop difficile la reprise ? »

Ce jour, je replonge à reculons dans radio-moquette, les commérages et les bruits de couloir…

Alors, pour garder le moral coûte que coûte :

          Je regarde la pluie tomber par la fenêtre à la fin de la lecture de chaque mail, pour me donner l’illusion que, comme en vacances, rien n’est urgent et tout peut attendre ;

          Je me scrute longuement dans la glace des toilettes de l’étage et décrète que si mon enfant, en sept années, a bien grandi je n’ai, pour ma part, quasiment pas changé (essayez, vous verrez, l’auto-compliment est très efficace pour se donner un coup de fouet, lorsqu’on n’a pas mieux sous la main…) ;

          Dans la même veine, je me rassure en me répétant que, même avant de partir, je n’ai jamais eu aussi triste mine que ceux que je croise dans les couloirs aujourd’hui ;

          Je me dis aussi que, décidément, un pantalon blanc et un haut clair étaient une très bonne idée, même par temps de pluie, pour mettre en valeur mon teint légèrement hâlé genre « surfeuse californienne » (n’ayons pas peur de forcer la dose… l’heure est grave : c’est la reprise !).

Et puis, à bien y réfléchir, mieux vaut la pluie et la fraîcheur qu’un ciel bleu provocateur pour reprendre le chemin du bureau et rester enfermé toute la journée.

Alors, je claque sereinement la porte de mon bureau pour couper court aux discussions futiles et je pense… à mon prochain départ.