Nounou, un travail à temps plein… pour les parents

Nounou, c’est un travail à temps plein… pour les parents.
Entendons-nous bien : il y a des perles, des êtres formidables auxquels vous pouvez confier vos enfants en toute sérénité et j’ai eu la chance d’en croiser…
Cela étant dit, tout ce qui suit est véridique…
Peut-être, qu’au fond, le vrai problème réside là : nounou, ce ne peut être qu’un travail « alimentaire ». C’est comme pour être instit ou médecin. Pour être bon en la matière, il faut comme qui dirait avoir la vocation et force est de constater… que ce n’est pas le cas de tout le monde !
Première étape très chronophage : trouver une nounou.
Alors, il y a le site du département. Mais, entre les nounous qui ne communiquent pas leurs coordonnées, celles qui ne renseignent pas leurs disponibilités, c’est un peu le parcours du combattant, et mieux vaut changer de forfait téléphonique ! Il y a aussi le relais des assistantes maternelles mais, pour ce que j’en ai connu, on ne vous y propose que celles qui n’ont pas trouvé « preneurs » avant… C’est un peu comme à l’école, lorsque chaque capitaine constitue son équipe de foot : on appelle toujours les moins bons en dernier…
Ensuite, vient le temps des premiers échanges. Et encore, c’est dans le meilleur des cas : lorsqu’elles vous rappellent après que vous ayez laissé un message… Ce qui n’est pas gagné (moyenne constatée : une sur quatre rappelle).
Et pour celles que vous avez au téléphone, mieux vaut être préparé à parler marchandise / business que bien-être de votre ou vos enfants. Dans les phrases entendues, je citerais :
– « C’est 40 heures par semaine minimum, sinon ça ne m’intéresse pas » ;
– « Je ne fais pas de périscolaire, ce n’est pas rentable » ;
– « Je ne prends que les fratries » ;
– « Cette école, je n’y vais pas car il y a une côte à remonter » ;
– « Le goûter c’est 4 euros par enfant. Vous habitez où déjà ? A Sainte Foy [ndlr : patelin limitrophe à Lyon réputé abriter des nantis] ? A non, le goûter c’est 5 euros par enfant ».
Bon, finalement, bon gré mal gré vous réussissez à trouver un terrain d’entente avec quelqu’un et vous pouvez penser, naïvement, que le plus dur est derrière vous… Mais pas toujours…
Je vais, pour cette seconde phase difficile oublier les assistantes maternelles (qui « accueillent » – pour certaines c’est un bien grand mot – les enfants chez elles) et me concentrer sur les nounous (qui « gardent » – là aussi, tout le monde n’a visiblement pas la même définition de la chose – vos enfants à votre domicile), car ces derniers temps, je n’ai eu à faire qu’à elles.
Alors, dans la série « vous avez du souci à vous faire », je demande :
– La nounou qui vous envoie, chaque jour où elle doit (c’est écrit dans le contrat qu’elle a signé et vous en avez parlé plusieurs fois…) récupérer vos enfants à l’école un texto « Je récupère les enfants ce soir ? ». Au début, c’est mignon, puis ça vous agace. Enfin, ça devient carrément flippant : le jour où elle ne vous envoie pas de texto, vous pensez qu’il faut vous manifester parce que, sinon, cette conne est foutue de ne pas se pointer à l’école !
– Celle qui vous envoie un texto à 15h10 (pour mémoire, sortie d’école = 16h30), alors que vous êtes en réunion à Paris (2 heures de train à minima) pour vous dire : « J’ai une rage de dents depuis hier [… sans commentaire …], je ne peux pas récupérer les enfants ce soir » ;
– Ou encore la nounou qui passe la matinée du mercredi allongée sur le canapé (vous finissez par l’apprendre à force de travailler vos enfants au corps pour savoir pourquoi ils sont énervés comme un bataillon de puces !) parce qu’elle a mal à la tête ;
– La nounou sympathique et bavarde qui vient à votre rencontre dès que vous franchissez le pallier pour entamer la causette et à laquelle vous demandez, stupéfaite, « et le petit, alors, il est tout seul dans la baignoire pleine d’eau ? »…
– La jeune mère de famille dépassée qui vous envoie un texto à 7h00 du matin le mercredi (alors qu’elle est censée être chez vous, pour relayer votre époux, à 7h20 et que vous êtes déjà sur la route) vous indiquant : « Je n’ai trouvé personne pour garder ma fille, je ne viens pas ce matin ». Vous vous arrêtez sur le bas-côté, branchez les warning : « Allo, mon chéri, j’ai deux mauvaises nouvelles : la nounou ne vient pas et j’ai une réunion ultra-importante à 8h00 »… Silence au bout du fil !
– Mais la cerise sur le gâteau, c’est lorsque la semaine suivante, la même nounou vous informe, toujours par texto, le mardi soir à 21h15, qu’elle n’est pas sûre qu’elle pourra venir le lendemain mais, en personne de confiance, vous rassure aussitôt : « Je vous tiens au courant dans la soirée ». Le mercredi matin, toujours pas de nouvelle et, évidemment, elle ne ramène pas sa fraise chez vous !

Je ne voudrais pas finir ce billet sur une touche négative, alors je souhaiterais remercier Sophie, Céline, Lucie et Laurine qui, elles, se sont merveilleusement bien occupées de nos enfants, les ont aidé à grandir dans un cadre tendre et sécurisant… pour eux comme pour nous !

Au sujet des vieilles peaux…

Je voulais vous écrire : le truc sur les confitures, ce n’est pas toujours vrai ! Vous savez, le proverbe : « C’est dans les vieux pots qu’on fait…. ». Et le mythe de sagesse et de sérénité des plus expérimentés non plus !
Vous en doutez ? Et bien d’accord. Bien que je les déteste, je vais devoir consacrer quelques lignes aux « vieilles peaux ».
Qui, d’ailleurs, ne sont pas forcément vieilles… En tout cas, pas au sens biologique du terme. C’est plutôt qu’elles ont en commun d’avoir plus ou moins largement dépassé l’âge qu’elles avaient dû décréter, bien en amont, béni. Du coup, elles éprouvent une profonde et malsaine nostalgie qui imprime leur attitude, chacun de leurs mots, toutes leurs pensées et déforme d’aigreur leur regard sur le monde et les autres.
Elles savent toujours tout sur tout – en tout cas mieux que vous – elles ont tout à vous apprendre, elles ne cessent jamais de ressasser et, le plus souvent, n’ouvrent la bouche que pour critiquer ou débiner.
En résumé, elles broient du noir, ne se supportent pas et, dans la même dynamique de rejet, ne peuvent plus encadrer les autres.
Elles ont une aversion toute particulière pour tout ce qui est plus jeune, plus frais, moins fripé qu’elles. Elles mettent toutes leurs forces pour tenter de démolir les personnes rayonnantes qui les entourent. Il en faut peu pour les mettre vraiment en rogne : un simple quidam bien dans sa peau, ses pompes et son âge ! Quand elles en croisent un, elles peuvent mobiliser un extraordinaire potentiel de nuisance… Je les ai vu à la manœuvre plus d’une fois : incroyable ce qu’elles sont alors capables d’imaginer !
Alors, si vous ressemblez peu ou prou à ce quidam, et que vous en croisez une, un conseil : fuyez ! Oubliez vos idéaux et votre propension naturelle à aider votre prochain et ne perdez ni votre temps, ni votre énergie, en vous mettant en tête de lui apporter un peu d’espoir et de changer son regard sur la vie… ce n’est absolument pas ce qu’elle veut !
A bon entendeur…

Quand l’acquis ne l’est plus

Je suis Charlie. Evidemment, naturellement.

Cela ne se discute pas, ne se réfléchit pas. Cela se sent, cela se vit. Ça noue l’estomac et la gorge, tord les boyaux, fait palpiter le cœur, agite les nuits, fait monter les larmes aux yeux. Etre Charlie ne se décrète pas, ne se réfléchit pas. C’est une évidence presque physique qui anime profondément, la chaire et l’esprit. Etre Charlie s’impose, habite.

Alors oui, je suis Charlie, moi aussi, parmi tant d’autres. Et je suis paumée.

Au-delà d’un pan de ma vie que des barbares ont souillé de sang (du Cabu comparse de Dorothée dans de lointains souvenirs d’enfance, au Cabu de mon éveil politique), ce sont ses fondements même qui m’ont semblés vaciller.

Je suis d’une génération bénie, disons-le.

Certes il y la crise économique, le chômage, les inégalités sociales, la parité qui peine à s’imposer… Et après ? Pour quoi ma génération a-t-elle eu à se battre ? Quelle révolution a-t-elle mené ? Quelle guerre nous a meurtris ? Quelle avancée sociale ou politique a-t-elle obtenue de haute lutte ? Rien, rien du tout. J’ai bien des souvenirs de manifestations contre le CIP du Gouvernement Balladur, le projet de réforme des retraites de celui de Juppé, ou encore la présence de Jean-Marie Lepen au second tour de l’élection présidentielle de 2002… Et ?… Non rien d’autre. Rien de plus grand, de plus noble. Pas de guerre sur le territoire, pas de famine, pas de droit fondamental à revendiquer ni imposer, pas de dictature, pas d’école de filles, pas d’uniforme obligatoire, pas d’avortement pénalisé, pas d’occupation ni de résistance, …

Je suis d’une génération endormie qui s’éveille brusquement sous les assauts d’assassins, se rendant compte avec effroi que l’acquis… ne l’est peut-être pas.

Acquis l’égalité ? La fraternité ? La liberté ? Je n’en suis plus certaine.

Alors oui, je suis Charlie. Alors oui, je suis paumée. Je viens de comprendre que je vais devoir me battre, avec d’autres, pour préserver ce que je pensais trop ancré dans l’histoire et le temps pour être vulnérable.

Je suis Charlie parce que :

          Je suis Française ;

          Je suis une femme ;

          Je suis mère ;

          Je me maquille et m’habille comme je souhaite ;

          J’aime lire ;

          J’aime boire ;

          J’aime mon pays ;

          Je crois en sa devise ;

          Je suis fière de voter ;

          J’aime le débat, même lorsqu’il est houleux ;

          Je crois en l’éducation ;

          J’ai été biberonnée à « Rien à cirer » ;

          J’aime rentrer chez mon buraliste et ne pas savoir où donner des yeux face à la multitude de titres ;

          J’aime être libre de croire ou pas, de penser et d’écrire.

J’espère que mercredi prochain ne sera pas le dernier où, rentrant chez le marchand de journaux, je verrai les gros dessins des caricatures colorées de Charlie Hebdo sur le présentoir. Rien ne sera plus comme avant, c’est certain, parce que j’ai maintenant conscience que rien n’est acquis, rien n’est définitif et qu’il faudra sans doute se battre, encore et toujours. Prendre conscience, c’est réfléchir. Réfléchir, c’est penser. Je pense donc je suis… Charlie.

Monomaniaques

En cette fraîche matinée de janvier, je souhaite consacrer quelques lignes aux monomaniaques que nous côtoyons tous, un jour ou l’autre, plus ou moins régulièrement, et qui sont plus ou moins attachants ou exaspérants.
Ainsi, mon aîné de sept ans est, depuis la dernière Coupe du monde, obsédé du ballon rond. Demandé lui ce qu’il souhaite pour Noel ou son anniversaire : un ballon (c’est vrai qu’il en manque, il n’en a pas plus d’une dizaine…), aller au stade, rencontrer Olivier Giroud (choix que je valide car, quitte à rencontrer un footballeur, autant qu’il soit beau-gosse !) ou le jeu « FIFA 15 » pour DS. A des moments inattendus (pendant le bain ou alors que vous l’embrassez tendrement au moment du coucher…), il vous surprend encore : « Dis-moi, ton joueur préféré de l’équipe du Brésil, c’est qui ? ».Ça reste mignon, même si, par moment, j’aimerais qu’il arrive à parler d’autre chose (comme de son amour inconditionnel pour moi, de la perfection de mon teint depuis que je ne fume plus, …).
Je passe sur ceux qui ne parlent et ne vivent que pour leur voiture/ leur portable/ leur maison en construction et souhaite évoquer une catégorie particulière extrêmement agaçante : ceux que je qualifierai de « bi-maniaques ». Lorsqu’ils sont au travail, ils ne parlent que de leurs enfants / de leurs vacances passées ou futures. Et, lorsqu’ils sont en week-end ou en vacances, ils ne parlent que de leur boulot… Mystérieux, non ? Ainsi, ils sont toujours en décalage. Façon, peut-être, de se donner de la contenance et d’avoir quelque chose à raconter : toujours parler de ce qui manque au lieu de se contenter de ce qui est sous la main.
Mais les champions de cette catégorie sont tout de même les monomaniaques… d’eux-mêmes ! Ceux qui ne parlent, encore et toujours, que de leur petite personne, qui sont incapables de vous laisser finir une phrase sans vous couper d’un « Ah ben, justement, moi… », qui ne vous demandent quelques nouvelles que pour pouvoir, ensuite, vous raconter longuement leur vie, qui ont toujours une anecdote personnelle ou une expérience à compter pour illustrer les propos d’un autre et lui arracher le crachoir… Qui ne savent écouter qu’eux-mêmes, qui ne s’intéressent qu’à leur petit nombril.
Pour 2015, souhaitons-leur de s’ouvrir un peu aux autres. Ils en sortiront enrichis. Pour 2015, souhaitons nous de ne pas en croiser trop, de cette espèce.

J2 : des mystères du cerveau humain?

Hier, la première journée sans tabac s’est bien passée, aussi longtemps que je suis restée au bureau : activité intense et froid de canard n’incitant pas à mettre le nez dehors. Je crois même que je n’y ai pas du tout pensé, sauf peut-être en sortant de la cantine, au moment stratégique du « café-clope ». Mais les réunions ont repris, et j’ai vite oublié. Même pas eu le temps de sentir la tension monter ni de m’énerver ne serait-ce qu’un tout petit peu.
A la sortie du boulot, en revanche, mystérieusement, une envie irrépressible d’en allumer une m’a saisie. Je ne pensais plus qu’à ça et j’avais le sentiment d’avoir mal aux dents tellement j’en avais envie (le manque ?? les mystères du cerveau humain ??).
Bref, j’ai passé ma soirée à m’occuper plus que de mesure (deux lessives au lieu d’une), cuisine, bains plus longs pour les petits, nettoyage en profondeur de la poubelle, …, et à lutter contre mon envie d’envoyer des pics et des méchancetés à tous ceux qui me parlaient, pour « évacuer ».
Il y a aussi des avantages à tout ça : j’ai plus de temps et besoin de m’activer pour ne pas trop penser, alors, pour la première fois depuis bien longtemps, je me suis offert le luxe de me crémer entièrement le corps hier soir et ce matin, en sortant de la douche. Je me suis aussi payé le loisir de me scruter dans la glace ce matin et de constater (la méthode Couet, toujours…) que mon teint était plus rose et mes pores moins dilatées (oui, je sais, pas déjà, ce n’est pas possible, n’empêche que ça fait du bien d’y croire…).
Cela étant, ma journée s’annonce similaire à la précédente.
Il est 8h15, ma prochaine réunion est imminente. Je suis donc sauvée. Temporairement au moins.
Contrairement à d’habitude, je ne suis pas pressée que ma journée de travail s’achève. Il faut que je trouve quelque chose à récurer ce soir.

Lundi 5 janvier 2015

Après une spectaculaire rechute pendant les vacances de Noel… Lundi 5 janvier 2014 : nouvelle tentative d’arrêt du tabac.
J’ai éteint celle que j’espère être ma dernière cigarette il y a quelques heures.
Pour l’instant, tout va bien. Je suis patchée, j’apprécie de ne dégager que l’odeur de mon parfum, je ne me suis pas encore ruée sur mes provisions de chwing-gum.
Et puis, j’ai préparé tout un stock de bonnes raisons d’arrêter :
– Ne plus avoir une haleine de chacal qui m’oblige à me tenir à une distance minimale de 1 mètre pour échanger avec un interlocuteur ;
– La santé et le bien-être de mes enfants ;
– Ma propre santé, voire mon propre bien-être (lorsque j’aurai dépassé le stade de la frustration…°) ;
– Les économies potentielles ;
– Mon âge : j’ai bien profité, maintenant, il est temps de passer à autre chose (illustration de la méthode Couet…) ;
– La fin de la toux grasse de décrassage du matin (celle-là est redoutable… Avec sa comparse la voix rocailleuse de vieux rocker) ;
– Le temps : ne plus être à la bourre de quelques minutes en réunion parce que j’ai voulu en fumer une vite fait, juste avant de m’enfermer pour deux heures ;
– Il fait froid : ce n’est pas une partie de plaisir de prendre sa dose ;
– Je sais d’expérience que c’est tout ou rien : je ne suis pas capable de me contenter de réduire ma consommation quotidienne ;
– La nécessité de me remettre au sport. Qui dit mince, ne veut pas dire musclé. Les grossesses et les années ayant éprouvé la fermeté de mes cuissots, il est temps d’agir. Mais le sport, lorsque la première foulée épuise et fait cracher les poumons, ce n’est pas très motivant… Donc, plus de cigarette et du sport pour remuscler tout ça.
Donc, je me lance en ce jour. A suivre…