A qui ressemblez-vous?

CaptureIl ne s’agit pas, dans ce billet, de se lancer dans une entreprise psychanalytique pour savoir si c’est de votre mère que vous tenez votre côté obtus et buté (vous l’êtes, n’est-ce-pas ? Moi, ma plus grande qualité, héritée de mon père, est la diplomatie !), ni si c’est l’amour sans limite de votre père qui a fait de vous un être aussi suffisant (ce n’est pas le cas ?) [NDLA : c’est bientôt Noel, alors j’ai décidé d’être gentille…].
Non, la question est : A QUI DE « CONNU » RESSEMBLEZ-VOUS ?
Allez, réfléchissez et soyez honnête, il y a forcément quelqu’un, un jour, qui vous a dit que vous aviez un « air de… », ou « le même nez que… » ou « des mimiques de… », un « petit quelque chose qui fait penser à … » !!!
Alors, qui était-ce ? Et, surtout, comment avez-vous réagi ? Avez-vous été flattés ? Vexés ? Surpris ? Voire désappointés (vous ne saviez même pas de qui il était question…) ?
On me dit régulièrement (= environ 4 fois par an) que je ressemble à une artiste française dont les initiales sont ST, actrice et écrivain. Vous avez trouvé ? Non, et bien cherchez encore !
Maintenant, je commence à avoir l’habitude, alors quand on me dit :
« – On a déjà du te le dire, j’imagine, tu sais à qui tu me fais penser ? »
Je réponds du tac au tac :
« – Oui, à S.T. »
Et je jubile (un peu, car je ne suis pas une teigne non plus !) de voir la déception de mon interlocuteur, l’herbe lui ayant été coupée sous le pied.
Mais, la toute première fois, j’ai couru dans mon bureau pour me connecter frénétiquement à Internet et m’abreuver de tout ce que je pouvais trouver à son sujet : ah, elle écrivait des livres, des vrais, bien gros avec plein de lignes et de mots, bien nourris et encensés par la critique parisienne !
Ouf, je ne ressemblais pas à une débile, j’étais soulagée !
Vous m’avez cru, là ? Pff, que vous êtes naïfs !
Non, dans la vraie vie, je me suis bien ruée sur mon PC I mais pour vérifier la taille de son nez, celle de ses fesses, la teinte de ses cheveux, la qualité de son teint ! Ce qui me tétanisait vraiment, ce n’était pas la longueur de son CV ou la qualité de son travail, c’était sa tronche !
Si je devais lui ressembler, je n’avais qu’une peur : qu’elle soit très moche !
Alors, sérieusement, lorsque l’on vous dit que vous ressemblez à quelqu’un, quel est votre premier réflexe ?

Dans la famille « L’AIR DE RIEN » …

Je demande :

– Celui qui, l’air de rien et à la nuit tombée, promène son chien en fumant nonchalamment une cigarette et feint d’être absorbé par une voiture qui passe ou les étoiles (même lorsque le ciel est plombé et cela devient alors particulièrement savoureux…) et, donc, de ne pas voir la grosse commission de son toutou dans le bac à sable de l’aire de jeux, dans lequel des enfants innocents s’ébroueront dès le lendemain ;

– Celle qui, l’air de rien, vous balance une pique sous couvert d’un compliment (« Elle te met bien en valeur cette nouvelle coupe de cheveux… ça change ») ;

– Celui qui choisit, l’air de rien, les meilleurs morceaux en se servant (exemples typiques : prendre tout le blanc du poulet ou encore sélectionner le cœur de la salade et laisser les grandes feuilles vertes et molles aux suivants) ;

– Celle, qui l’air de rien, fait semblant de ne pas avoir compris comment s’autodiscipline la queue de la pharmacie de garde un dimanche de janvier et resquille ainsi plusieurs places, comptant (à juste titre !) sur la lâcheté ambiante pour que personne n’ose lui faire la moindre remarque ;

– Celui qui, l’air de rien, n’a pas vu le marquage au sol « BUS » et ne s’étonne pas, en apparence, d’être seul dans sa file pendant que les autres roulent pare-chocs contre pare-chocs juste à côté ;

– Celle qui, l’air de rien, sort d’un ascenseur empesté par ses soins ;

– Celui qui, l’air de rien, ne vous reconnaît plus dans la rue lorsqu’il n’a plus rien à vous demander ;

– Celle qui, l’air de rien, a oublié que vous aviez sué à ses côtés pour mener à terme un projet et en récolte seule les lauriers ;

– Celui qui, l’air de rien, laisse le rouleau de papier toilette vide derrière lui (on ne sait jamais, si pénurie il y a, on sera peut-être bien contents d’avoir du carton !) ;

– Celle qui, l’air de rien, oublie de vous mettre en copie d’un mail qui vous concerne pourtant au plus haut point (à la technologie, ça va tellement vite que, parfois… !).

D’autres cartes, peut-être, à ajouter à la collection ?

Retour en grâce

rose
Le terme « d’avènement » serait, je crois, plus approprié.
Mais de quoi s’agit-il donc, vous demandez-vous impatiemment ? (je ne doute de rien…).
Il est question du rose.
Oui, oui, le rose, la « couleur des filles ».
Ben oui, c’est comme ça, le rose, je n’ai jamais aimé.
Garçon manqué, bagarreuse, casse-cou et grande gueule pendant de nombreuses années (jusqu’à il y a quelques semaines, en fait), jamais au grand jamais je n’aurais porté un vêtement, un foulard ou même un bijou rose ! (ndla: rassurez-vous, je suis toujours grande gueule).
Même les couleurs « avoisinantes » (comme le mauve) me faisaient fuir. Pas du tout mon style.
Dans les magasins, mon œil ne voyait même pas les habits ou objets colorés dans cette teinte. Un refus psychologique, je pense. Un cadeau de cette couleur finissait à coup sûr au fond de l’armoire, aux oubliettes.
Inenvisageable, pour moi, sur la période 0 à … ans (maintenant !), de « jouer à la fille ». Même à l’adolescence, j’ai toujours eu deux crédos :
– Je veux qu’on m’apprécie pour ce que j’ai dans la tête et pas ailleurs (slogan culte : « Je ne suis pas une plante verte ! ») ;
– Et (parce que je suis humaine, tout de même, j’ai besoin d’être aimée moi aussi !) : « En jean, t-shirt blanc et baskets sexy je serai, ou je ne serai pas » !
Je voulais être un humain avant d’être une fille. Et je voulais surtout être reconnue comme telle.
Bon, depuis cette période bénite de l’acné et des rondeurs disgracieuses, j’ai déjà dû battre un peu en retraite et admettre que le temps passant, le look « nude » (authentique, hein, pas genre « je me maquille de telle façon que j’ai l’air de ne pas être maquillée ») et « healthy » de la fille nature élevée en plein air (oui, je sais, ça fait poulets fermiers écrit ainsi…) ne suffisait plus pour rester « potable » ne serait-ce qu’à mes yeux, et j’ai fait quelques concessions (un peu de mascara et de terra cota de-ci de-là, des rendez-vous chez le coiffeur un peu plus régulier qu’une fois tous les deux ans, une paire de bottes à talons, …) mais, le rose, je ne pouvais pas franchir le pas. La marche semblait trop haute.
Je continuais de m’insurger contre la mise en page des catalogues de jouets (jouets pour garçons = pages bleues ; jouets pour filles = pages roses), le nuancier de couleurs dans les magasins d’habits pour enfants, ou même (je l’ai déjà écrit), le choix de la couleur rose pour des actions que, pourtant, je trouve formidables, comme « Courir pour elles ».
Et pourtant, voilà que le rose a fait récemment une incursion surprise dans ma vie et s’y est installé. Après de si longues années à le honnir, j’ai presque honte de l’avouer mais… je commence à aimer le rose !
Que se passe-t-il ? Comment une telle chose est-elle possible ?
Je savais déjà que les goûts pouvaient évoluer au cours d’une vie (j’ai longtemps adoré les cornichons, je les déteste aujourd’hui et c’est strictement l’inverse pour les champignons…) mais de là à ce que, MOI, je puisse aimer le rose ! Improbable, incroyable, imprévisible… mais pourtant vrai.
Alors, pourquoi ? Je régresse pour refuser l’obstacle du temps qui passe ? Je change ? Je rentre dans le moule et devient conformiste ? Je cherche de la douceur ?… Je n’en sais fichtrement rien.
Bon, vu comme ça, j’ai l’air de me prendre la tête pour pas grand-chose. J’aime le rose, et alors, on ne va pas en faire une maladie, si ?
Et bien si, parce que si MOI je suis capable d’aimer le rose, c’est que des changements radicaux sont possibles dans ma personnalité et, ça, c’est sacrément flippant.
Qui sait si, demain, je ne vais pas me mettre au tricot (voire, pire, au crochet), acheter un tricot de peau Damart, faire des confitures maison, me découvrir une aversion pour le pastis et les frites et une passion pour les caniches et les mocassins ?
A l’aide !