Petite abeille

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C’est l’histoire d’une petite abeille frétillante qui voletait de façon incessante de « fleurs de travail » en « fleurs de maison » sans jamais, jamais, jamais se poser !

Même pas un tout petit instant pour s’octroyer une pause qui aurait été somme toute bien méritée.

Même la nuit elle ne se reposait jamais tout à fait : ses ailes frémissaient alors que sa petite tête d’insecte pensait déjà à la longue liste de fleurs à butiner du lendemain…

Et que croyez-vous qu’il arriva à ce charmant petit insecte ?

Vlan ! Du jour au lendemain, elle tomba malade et dû garder le lit (l’alvéole, pardon) pendant plusieurs jours, incapable de voleter ne serait-ce que quelques secondes.

Clouée à la ruche, séchée, amorphe, comme assommée et engourdie par un coup sournois de tapette à moustiques !

Et ensuite ?

Petite abeille peinait à se reposer. Certes, ses ailes ne pouvaient plus la porter, mais sa tête continuait à gamberger …. Même écrasée de fatigue, petite abeille ne pouvait s’empêcher de ruminer « Je m’ennuie, je m’ennuie, je m’ennuie ! ».

Au troisième jour d’alitement, son état ne s’améliorait pas. Elle fit venir à son chevet le bourdon soigneur qu’il lui expliqua : « Sans vrai repos, aucune guérison possible ».

Petite abeille dû se résoudre à admettre que pour pouvoir reprendre au plus vite ses activités il lui fallait accepter son état. Elle devait vraiment se reposer.

Mais le penser est une chose, arriver à le faire une toute autre.

Alors, petite abeille essaya de rassembler le peu de forces qui lui restait pour se jeter contre les parois de la ruche et s’assommer pour, enfin, dormir à poings fermés.

Ce fût un échec, elle ne récolta que quelques bosses ….

Petite abeille se dit alors qu’il n’y avait qu’une solution : soigner le mal par le mal.

Elle n’arrivait même à lâcher prise pour se reposer lorsqu’elle était souffrante ? Il fallait se forcer un peu et réapprendre à s’amuser….à vivre.

Ainsi, le soir venu, petite abeille convoqua quelques amies et déboucha une bonne bouteille… Elle était malade et ne butinait plus beaucoup d’alcool… Alors, elle s’écroula bien vite …

… Mais la tête dans les nuages et le cœur comblé ….

La morale de cette histoire ?

Aux boudins qui sommeillent en nous ….

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Nous avons toutes un boudin qui sommeille en nous ….

Un complexe physique qui nous suit comme un boulet…

Une blessure d’amour propre…

Un sournois sentiment d’imposture…

Alors, lisez ce livre qui donne envie d’aller de l’avant en gardant le sourire, de renvoyer les lourdauds dans leurs buts, d’enfourcher un vieux vélo rouillé !

Il parait que le public cible est « les adolescentes ». Je ne me suis pas offusquée lorsque la vendeuse de Decitre a demandé si c’était pour moi…

Je suis jeune dans ma tête, moi, Madame!

Et puis, nous avons toute, à côté du boudin, une jeune fille en fleur cachée au fond de nous!

 

Admettez le : vous aussi, vous êtes top !

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A offrir aux misogynes qui s’ignorent… ou qui assument.

A offrir aux hommes qui ont de l’humour (si, si, ça existe!).

A offrir à celles qui, parfois, se sentent seules…

A lire pour se sentir comprise…

A lire pour pouvoir se dire : « ouf, j’en ai connues quelques unes de ces situations, mais heureusement pas toutes ! »

Rien de bien nouveau sous le soleil, mais l’idée d’une BD « condensant » toutes les humiliations, vexations, entraves que l’on peut connaître en tant que femme dans le milieu professionnel (et privé) est sympa !

Bonne lecture

Quelqu’un de bien?

Pour vous « quelqu’un de bien », c’est …. ?

 

  • Une personne qui ne ment jamais (ndla : IMPOSSIBLE ! Ne serait-ce que parce qu’on ne peut, par exemple, décemment pas dire à son mari que « oui c’est bien moi qui ai rayé la portière de la nouvelle voiture à l’occasion d’un créneau mal maîtrisé »…) ?
  • Du coup et plus simplement, une personne qui dit la vérité aussi souvent que possible (ndla : doit-on et peut-on avouer à un enfant que l’on a jeté, à l’occasion d’un déménagement, sa collection d’étiquettes de VQR *…) ?
  • Un être (rare) qui prend de vos nouvelles même lorsqu’il n’a rien à attendre de vous (« Coucou ! ça va ? Ah, au fait, tu pourrais …. »)
  • Quelqu’un qui reçoit (et y répond !) vos mails même lorsque, pour une fois, c’est vous qui avez un service à demander ?
  • Une personne qui pense ce qu’elle dit (« J’adorerais pouvoir t’aider, tu le sais, mais… ») ?
  • Qui fait ce qu’elle dit (« Je déteste les hypocrites, moi si j’ai quelque chose à dire, je le dis en face ! »…) ?
  • Un être courtois et poli (espèce en voie d’extinction) qui vous tient la porte, retient l’ascenseur pour vous permettre d’y monter, cède sa place à une femme enceinte dans les transports en commun, répond à vos salutations, … ?
  • Une personne qui ne s’énerve jamais sans raison et qui ne vous reproche jamais des faits auxquels vous être étrangers ?
  • Qui ne sèche pas ses larmes liées à votre départ aussitôt que votre voiture a franchi le premier virage ?
  • Quelqu’un qui se fiche de savoir si vous avez pris ou perdus quelques kilogrammes et qui, intéressé uniquement par votre propos et votre compagnie, ne remarque même pas que vous avez quelques boutons disgracieux, ni que vous êtes habillés comme un sac ?
  • Une personne capable de dire « merci » lorsque c’est mérité ?

Alors, « quelqu’un de bien », c’est quoi pour vous ? Et, accessoirement, vous en connaissez beaucoup ?

 

VQR : Vache Qui Rit, pour ceux qui ne côtoient pas régulièrement des moins de douze ans…

Dans l’attente?

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Une fois n’est pas coutume, mon billet du jour sera sérieux….

Depuis le 13 novembre 2015, un nouveau mot d’ordre a déferlé sur la France : porter son courage en étendard et proclamer haut et fort qu’ils n’auront pas notre liberté et que nous ne changerons absolument rien à notre façon de vivre.

Il faut « vivre comme avant ».

Têtus et déterminés, nombre de Français continuent ainsi à squatter les terrasses des cafés, à courir les musées, les expositions, les salles de spectacles, à trainer dans les allées des centres commerciaux le week-end, ….

Une partie d’une nation qui se rebelle ainsi, dans un élan de vie et de liberté, c’est…beau et ….courageux.

Et tellement culpabilisant pour ceux qui n’y arrivent pas tout à fait …

J’admets ne pas être aussi courageuse que la grande majorité de mes compatriotes.

Je me sens dans un état bizarre.

On nous rabâche tellement les oreilles avec ce qui ne manquera pas d’arriver à nouveau (« attentats à l’échelle européenne », « la société civile est visée », « attentats de masse et multi-sites », « commandos de djihadistes sur le territoire européen », …) et les moyens de prévention (Dérisoires ? Comment ne pas se poser la question ?) déployés (état d’urgence, exercices de confinement, dépliants et vidéos « Comment réagir en cas d’attaque terroriste ? », ….) que, cela me coûte de l’écrire, mais j’ai bien le sentiment d’être dans une position d’attente. Attente de l’horrible « prochaine fois » : Où ? Quand ? Comment ? Quelle sera l’ampleur du drame ?

Cela signifie t’il dire qu’ils auraient gagné, me concernant ?

« Oui, hélas ! » répliqueront sans hésiter ceux qui s’emploient avec une énergie folle à « vivre comme avant », à faire comme si rien n’avait changé. Mais, tout au fond d’eux, ne ressentent-ils pas, eux aussi, ce désagréable sentiment ? Existent-ils vraiment ceux qui arrivent à faire fi du passé, aussi terrible soit-il, et à ne regarder que vers l’avenir, le cœur confiant et l’esprit totalement serein ?

Si j’ai l’honnêteté d’admettre que non, moi, je n’ai plus l’esprit totalement serein, dans les faits, je continue néanmoins moi aussi à « vivre comme avant ».

Nous continuons tous à travailler, à déposer nos enfants à l’école, à vouloir courir les parcs dès que le soleil pointe, à remplir notre réfrigérateur, à chercher un cadeau pour un anniversaire en foulant le pavé, à envisager de manifester contre un projet de loi, à fêter le carnaval à Nice, à Dunkerque ou à Venise, à prendre le train pour un rendez-vous professionnel à Paris ou Marseille, …

Alors, pitié, ne prenez pas de haut ceux qui ont régulièrement des petits pincements au cœur dans leur vie « comme avant ».

 

Ne pas manger à la cantine !!!

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C’est bien connu, nous réglons tous (quoiqu’on en dise parfois non sans mauvais foi) quelques comptes non soldés de notre enfance dans les choix et décisions que nous prenons pour nos enfants.

Ainsi, si je conduis honnêtement un examen de conscience approfondi (torture que je pratique allègrement…) pourquoi pensez-vous que je m’obstine à tourner mon emploi du temps dans tous les sens pour arriver, aussi souvent que possible, à faire sauter la case cantine à mes enfants ?

Pourquoi, lorsque je ne peux le faire régulièrement, je tanne mon mari jusqu’à l’usure pour qu’il s’éclipse du boulot pendant deux heures, traverse deux fois (aller-retour) la ville pour faire manger au pas de course nos deux garçons à la maison ?

Oh, j’ai tout un tas de bonnes raisons, dont je lui rebats les oreilles : ils mangeront au chaud, il y a tellement d’agitation que cette pause leur faire du bien, il doit pleuvoir ce matin tu pourras vérifier qu’ils ne sont pas trempés et si besoin les changer, le steak haché périme aujourd’hui, au moins on sera sûrs qu’ils auront bien déjeuné, etc

Mais la vraie raison, la vraie de vraie, qu’elle est-elle ?

Je vais vous le dire (ndla : non, pas d’inquiétude, Nicolas Sarkozy ne vient pas de prendre possession de mon corps).

Parce que lorsque j’étais enfant : JE DESTESTAIS LA CANTINE !!!

Et j’avais tout un autre tas de bonnes raisons à cela :

  • On nous servait régulièrement de la langue de bœuf et nous étions obligé de finir notre assiette (vous imaginez : de la LANGUE DE BŒUF !!! Ils n’étaient pas tarés ?) ;
  • Les haricots verts étaient plein de fils qui donnaient des hauts le cœur ;
  • Les jours de bonheur (= frites à l’huile), les plus grands piquaient dans nos assiettes en nous menaçant de leurs fourchettes pointues ;
  • Lorsqu’on faisait tomber un couvert ou, pire encore, un verre qui volait en éclats bruyants, toute la cantine tournait les yeux vers nous comme un seul homme et nous applaudissait en hurlant de joie (la honte, l’horreur, où est le trou pour que je me cache ? …) ;
  • Des idiots mettaient du sel dans les pichets d’eau, quand ils n’y avaient pas craché (seul échappatoire : ne pas boire à table et aller aux lavabos des toilettes – bonjour l’hygiène et le romantisme – pour se désaltérer ensuite) ;
  • Le pain qui n’était pas fini et restait sur les plateaux, était remis dans la boîte en fer pour les suivants… (je vous laisse imaginer les surprises que l’on pouvait alors avoir : glaires et compagnie…) ;
  • Même les pâtes étaient trop cuites et gorgées d’eau…
  • On pouvait attendre des heures, en fonction du roulement, pour enfin passer à table, alors que notre estomac criait famine depuis un moment déjà ;
  • Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, avant et après la cantine, c’était la jungle de la cour de récréation ;
  • Etc….

Alors, je reconnais que je regardais avec beaucoup d’envie les externes, brandir leurs carnets de correspondance providentiels à midi et franchir les grilles de l’école et du collège, avant de s’engouffrer dans la belle voiture de maman.

Ils revenaient en début d’après-midi, rassasiés, toujours propres et détendus, avec cet air suffisant de ceux qui sont conscients d’avoir du bol, qui ont la peau du ventre bien tendue, des chaussettes sèches et qui ne portent dans leur cartable que les cahiers de l’après-midi.

Des têtes à claques, oui, je les aurais bien baffés !

Alors, vous me direz, les choses ont sans doute changé POSITIVEMENT depuis cette lointaine époque où j’allais au collège….

Mais, en êtes-vous vraiment assurés ?

 

 

Mystères et beauté de la jeunesse

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J’essaie de me creuser les méninges, de fouiller dans les tréfonds de ma mémoire, mais impossible de m’en souvenir (ndla : C’est si loin, pensez-vous ! J’ai passé le cap des 35 ans depuis quelques temps déjà !…) : comment étais-je lorsque j’étais …. jeune ?

Etais-je capable des mêmes exploits que ces êtres curieux que j’entrevois parfois, de la fenêtre de mon bureau, dans la cour de leur lycée ?

Je m’explique :

  • Etais-je, moi aussi, dotée d’un système de régulation thermique hors du commun, me permettant d’évoluer d’un groupe de copains à l’autre en simple T-Shirt au mois de janvier à Lyon ?
  • Dans la même idée, étais-je capable de rester discuter, assise, sous la pluie, de longues minutes durant, en ayant l’air totalement imperméable (mot on ne peut plus à propos …) aux manifestations climatiques ?
  • Je me donnais, moi aussi, en spectacle, en pleine rue, en lançant des cris de vierge effarouchée lorsque le gars que j’aimais bien faisait mine de me prendre dans ses bras et de m’embrasser, ou en partant d’un rire tonitruant parce que le gros ballot de la classe venait de s’effondrer, quelques pas devant, sous mes yeux ? Etais-je capable, moi aussi, de chercher à tout prix (quitte à frôler le ridicule) à attirer l’attention sur moi ?
  • En cette époque lointaine, ai-je demandé à mes parents de se ranger sur le bas de côté et de me laisser à trois rues du lycée pour que personne ne m’aperçoive dans une voiture insuffisamment « classe » à mes yeux et, pire encore, avec EUX ?
  • Etais-je capable de gober un sandwich « poulet/frites/mayo » arrosé de coca (ndla : même pas du light !) en moins de cinq minutes, sans penser ni à ma ligne ni aux tracas futurs de mon estomac pendant la digestion ?
  • Etais-je capable de courir après un tramway, clope au bec, sans paraître essoufflée ni le moins du monde fatiguée ?

Oui, je sais ce que vous vous dites : n’y aurait-il pas un peu d’aigreur derrière toutes ces questions quelque peu orientées ?

Allez, je le concède….

Qu’il est agréable à contempler le tableau de la vraie jeunesse, mais qu’il est parfois difficile de ne plus y trouver sa place !

Longue vie à tous !